Chronique d'histoire : Avril 1951 – nos premiers camions citernes tout-terrain

Publié le 29 avril 2026

C’était il y a trois quarts de siècle…
En avril 1951 arrivait dans nos Alpes-Maritimes le premier des camions citernes lourds sur châssis G.M.C.

Il allait être suivi par la mise en service entre mai et juillet 1951 de cinq autres exemplaires similaires.

Plan de travail 1autoSource : Sapeurs-pompiers Antibes

Portant les numéros 24 à 29 ces engins venaient entamer sur nos maralpines terres une seconde carrière.

Ils avaient effectivement vécus une « première vie »…

Fabriqués outre-Atlantique à partir de 1941, aménagés sous diverses formes : benne, transport de troupes, de matériels, poste de commandement, citerne de carburant ou autre, ils étaient arrivés en Europe, traversant les mers pour accompagner les Armée alliées de libération de la seconde guerre mondiale.

A l’issue du conflit, bon nombre d’entre-eux, restés en France, allaient équiper l’Armée française. D’autres, rejoignaient des surplus d’anciens matériels militaires dans l’attente d’un acquéreur.

Certains allaient devenir des camions « de pompiers ».

Il est vrai que la rusticité, la solidité et les capacités du véhicule permettait d’obtenir un engin de lutte contre l’incendie polyvalent dont l’aménagement, parfois réalisé localement, était le plus souvent confié à des carrossiers spécialisés.

Pour mieux comprendre, allons ensemble, détailler le camion-citerne lourd GMC n°28 affecté au centre de Cagnes-sur-Mer, mis en service le 14 avril 1951 et immatriculé 564 V 6.

Contrairement à l’engin d’Antibes figurant sur l’illustration précédente, notre camion ne dispose pas d’une cabine fermée. Le poste de conduite, à deux places, est protégé par une bâche.

Doté d’un moteur à essence puissant, le véhicule dispose de 3 ponts moteurs qui lorsqu’ils sont, ensemble, mis en fonction donnent à l’engin des capacités de franchissement hors route avérées.

S’il fallait s’en convaincre, il suffit de les imaginer dans leur « première vie » où, sous la livrée verte de l’Armée américaine, on les retrouvait sur les plages de débarquement de Normandie, Provence, Afrique du Nord, Italie durant la seconde guerre.

Plan de travail 2autoSource : Sapeurs-pompiers Cagnes-sur-Mer

Une banquette extérieure relevable, installée sur un caisson formant un coffre à tuyaux permettait l’emport de 4 à 6 pompiers et deux rangements latéraux fermés, surmontés de supports pour seaux-pompes dorsaux, protégeaient les lances, cordages et autres matériels.

Plan de travail 3autoSource : Sapeurs-pompiers Cagnes-sur-Mer

Une citerne d’une capacité de 3 000 litres d’eau, qu’un dévidoir tournant armé de 80 mètres de tuyaux permettait d’utiliser immédiatement, complétait l’aménagement.

La motopompe pouvant débiter jusqu’à 500 litres d’eau par minute. Située à l’arrière, elle pouvait être désolidarisée du véhicule et transportée, si besoin, au plus proche du point d’eau.

Enfin, pour compléter le matériel, et pouvoir concourir à la lutte en feu urbain, une échelle à coulisse d’un développement de 8,2 mètres permettait si besoin d’atteindre le deuxième étage des bâtiments.

Durant cette année 1951, 19 autres engins, plus légers, des 4 x 4 équipés d’une citerne de 600 litres allaient rejoindre notre parc départemental pour former, entre-autre, l’ossature en matériel roulant de nos centres ruraux.

Quelques mois plus tard, en août 1952, les 2 500 hectares du feu de Mougins, Biot, Vallauris, Antibes, Villeneuve-Loubet avec ses 8 bâtiments détruits et sa vingtaine de blessés allaient mobiliser nos pompiers durant plusieurs journées.

Plan de travail 4autoSource : Journal L’espoir du 18 août 1952 –archives Sdis 06

Ce sinistre allait démontrer l’efficacité de nos « nouveaux » matériels tout-terrain :

Oui ! Depuis avril 1951, les pompiers maralpins étaient rentrés dans une nouvelle ère dans le cadre de la lutte contre le feu d’espaces naturels.

C’était… Il y a 75 ans…                                              

Alain Bertolo - 28 avril 2026

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