Chronique d'histoire : Une fin juillet 1985 de flammes

Publié le 30 juillet 2025

C’était il y a quarante ans, le mois du juillet 1985 avait été relativement calme sur le plan des incendies d’espaces naturels dans notre département avec quelques feux rapidement éteints à Gilette, Levens, Villefranche. Il allait en être tout autre durant la dernière semaine du mois.

A PEILLE  

Le 22 juillet 1985, à 12 h 30 se déclare un incendie au lieu-dit Saint-Siméon. Poussé par un vent de 40 km/h l’incendie se propage rapidement. 60 sapeurs-pompiers venus de Contes, Eze, Gilette, La Turbie, Levens, Nice et Peille luttent contre les flammes qui menacent des habitations en cette zone boisée à l’accès difficile par une unique route étroite. Nos pompiers sont appuyés par deux « Canadairs » et un groupe de sapeurs forestiers venus de Sospel. En soirée, le feu a déjà dévoré 50 hectares.

Plan de travail 1Source : SP Vence

Le lendemain, après une accalmie matinale favorisant la poursuite de la lutte, une reprise importante dans un vallon encaissé oblige de nouveau l’emploi des moyens aériens, le bilan dépassant alors les 120 hectares consumés.

Il faut attendre le 24 juillet pour voir ce sinistre maitrisé et une surveillance active reste sur place les jours suivants.

Au BAR-SUR-LOUP

Première intervention, le 22 juillet, sur un début d’incendie au quartier de Saint-Arnoux, le feu est rapidement éteint par les pompiers du Bar-sur-Loup et de Vence. 

Le lendemain, nouveau sinistre à proximité du premier, la presse locale évoque « une main criminelle ». Venus d’Antibes, Bar-sur-Loup, Cagnes, Coursegoules, Mougins, Peymeinade et Vence, 40 sapeurs-pompiers sont mobilisés dans un relief, là aussi tourmenté. L’appui de deux « Canadairs » vient épauler leur action.

Plan de travail 2Source SP Vence

A UTELLE

C’est aux « granges de la Brasque » que se déclare en fin d’après-midi du 23 juillet deux autres feux. S’engageant dans une forêt de résineux, les sinistres ne menacent aucune habitation mais prennent d’inquiétantes proportions. La centaine de pompiers maralpins qui luttent contre les flammes sont rejoints dès le 24 juillet, par un détachement de l’unité d’instruction et d’intervention de la Sécurité civile venu de Brignoles.

A ce dispositif terrestre se rajoutent 5 avions bombardiers d’eau : 4 « Tracker » et un « Douglas DC 6 » capable de larguer 1200 litres.

L’extinction se poursuit les deux journées suivantes nécessitant le retour de 2 « Tracker » le 25 juillet.

A FONTAN

C’est dans la matinée du 27 juillet qu’est signalé un départ de feu de broussailles à Fontan.

Ici aussi, 3 jours de lutte sont nécessaires pour l’extinction conduite par les pompiers de Breil, Grasse, Menton et Tende appuyés par trois « Canadair ».

Plan de travail 3 Source : Nice-Matin du 28 juillet 1985

A CLANS 

28 juillet, nouveau sinistre à Clans, l’intervention rapide des Sapeurs-pompiers de Saint-Sauveur sur-Tinée et de renforts permet de limiter à cinq hectares de végétation cet incendie qui menaçait des habitations.

A MANDELIEU - 31 juillet 1985 … APOCALYPSE !

Le quotidien Nice-Matin éditera le 1er août « le Tanneron, comme un volcan ressuscité »

Plan de travail 4Source : Nice-Matin du 1er août 1985

Parti des Adrets vers 12 h 30 et poussé par un violent mistral le feu se développe à une vitesse effrayante trouvant un aliment de choix dans les arbres et mimosas tués par le gel inhabituel de l’hiver. Les flammes se propagent vers Tanneron, Pégomas, Mandelieu entourant bientôt le lotissement du « grand-duc » puis gagnent les quartiers des « Thermes » et du « Capitou ». A 16 h.00 l’incendie passe, d’un bond, l’autoroute A 8, préalablement coupée à la circulation.  3 campings sont évacués et à Mandelieu, une pluie de cendres tombe sur la ville.

La lutte s’organise : 60 véhicules, 150 pompiers venus de tout le département, épaulés par 4 « Canadair ».

Un changement de direction du vent vers 17 h00 vient faciliter le travail des sauveteurs maralpins mais dans le département voisin l’apocalypse continue.

En soirée, ce sinistre a parcouru 2000 hectares sur les Alpes-Maritimes et le Var où un pompier de 19 ans est décédé.

Plan de travail 5

Source : Nice-Matin du 1er août 1985

Le lendemain, sur tous les fronts, l’extinction se poursuit. Dans le Tanneron un autre drame se déroule, quatre sapeurs-pompiers varois, recherchés depuis le milieu de la nuit, sont retrouvés décédés à proximité de leur véhicule, au milieu des bois calcinés.

 Morts au Feu, il y aura 40 ans, dans quelques jours, ces cinq Sapeurs-pompiers varois se nommaient Hughes DESQUIENS, Robert GROSSO, Jean-Marc MOREL, Serge POTHONIER, Yves ROGER.

In Memoriam !

Alain BERTOLO

29 juillet 2025

 

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