Chronique d'histoire : 1896 - La pompe à bras de Saint-Laurent-du-Var
Publié le 28 octobre 2026
Pour cette page d’histoire, nous partons à Saint-Laurent-du-Var, petite cité de 1366 habitants en 1896.
Ce 4 septembre 1896, présidé par le maire François LAYET, le conseil municipal se réunit pour entériner de l’achat d’une nouvelle pompe à incendie.
Il est vrai que la précédente, d’un modèle ancien « à un seul corps de pompe refoulant l’eau à quatre mètres à peine, serait ainsi qu’on a malheureusement pu convaincre dans tous les cas d’incendie notamment dans celui qui détruisit de fond en comble les usines TOESCA il y a quelques années, d’un secours parfaitement illusoire » (délibération du Conseil municipal du 19 novembre 1892).
Source : Archives départementales 06
Par la suite, un devis est établi le 15 septembre 1892. Il concerne une pompe à bras aspirante et foulante à deux corps, son chariot et divers accessoires indispensables : hache, cordage, boyau de cuir clouté, lance ainsi que 50 seaux de toile pour permettre l’alimentation de la pompe par une chaîne humaine se passant les seaux de mains en mains.
Quatre années passent…
Il faut attendre 1896 pour que s’officialise l’achat de cette pompe avec l’aide du Conseil Général qui, depuis des années, incite les communes à acquérir un matériel de lutte contre le feu.

Source : Archives départementales 06
Alors, fort de l’attribution par la commission départementale d’une subvention de 200 francs, le Conseil municipal doit voter les crédits nécessaires pour réaliser l’opération d’autant plus que le marché passé avec la maison PIN frères de Nice est signé depuis le 25 août.
L’achat de la pompe à bras est donc acté en cette soirée du 4 septembre et le préfet Arsène HENRY en approuve les termes de la délibération le 13 octobre 1896 : Il y a quelques 130 ans à quelques jours près…
Enfin, le 8 janvier 1898, le maire de Saint-Laurent-du-Var écrit à Monsieur le préfet pour certifier que MM. PIN Frères de Nice ont livré à la commune la pompe à incendie et que « La dite pompe fonctionne parfaitement ».
Maintenant, je livre à votre imagination, la lutte contre le feu dans ces villes ou villages dépourvus de compagnie de sapeurs-pompiers en cette fin de XIXème siècle.
La pompe souvent remisée dans un local dédié ou directement à la mairie est entretenue plus ou moins sommairement par le fontainier municipal lorsque cet emploi existe dans la commune.
En cas d’incendie, le tocsin de l’église alarme la cité et la population disponible accourt.
Source : Collection Alain Bertolo
Avec la plus grande diligence possible, la pompe est amenée au plus près du sinistre, descendue de son chariot et posée à terre.
S’il n’y a pas de rivière, lavoir, fontaine qui permettent sa mise en aspiration, il faut l’alimenter en réalisant « la chaîne » depuis le point d’eau le plus proche.
Ainsi, d’un côté les hommes se passent les seaux pleins et de l’autre, les femmes, enfants, vieillards, les seaux vides.
Bien sûr, les hommes les plus vigoureux sont, eux, employés à manœuvrer le balancier de la pompe pour créer une pression suffisante.
Heureusement que dans bien des cas le « piquet d’incendie » de la garnison militaire la plus proche vient prêter son concours.
Mais revenons à notre pompe de Saint-Laurent-du-Var…
Source : Archives départementales 06
J’ai retrouvé, il y a plus d’une vingtaine d’années, précieusement conservé aux Archives Départementales des Alpes-Maritimes, le plan « d’origine » de la pompe de Saint-Laurent-du-Var.
Le plan annexé au marché de 1896 et signé du préfet…
Un bout d’histoire locale dans cette volonté des hommes de se prémunir contre le feu…
Un bout d’histoire vieux de 130 ans…
Alain Bertolo
27 octobre 2026



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