Chronique d'histoire : Octobre 1926 – le side-car des pompiers de Nice
Publié le 14 octobre 2026
Voici une histoire vieille d’un siècle. Elle nous est livrée par les lignes du journal « le petit-niçois » du 13 octobre 1926
« Aux sons éclatants d’un double cornet, un splendide side-car écarlate parcourt depuis quelques jours nos rues. Trois hommes vêtus de cuir, casqués de cuivre y ont pris place, et sur le devant du baquet on peut distinguer très nettement les armes de la ville de Nice ».

Interrogé par le journaliste, le capitaine POULLAN, chef de corps explique « C’est à la suite d’un voyage que j’ai fait à Paris que j’ai sollicité des autorités municipales l’achat de ce side-car en tous points semblable à ceux dont se servent les pompiers de la capitale. Pour combattre les feux de cheminée, il n’est pas besoin d’un grand matériel, il suffit de quelques objets indispensables et de deux hommes expérimentés. Mais il faut arriver vite sur les lieux du sinistre. Songez qu’au début de l’hiver, on nous signale une dizaine de feux de cheminée par jour et que souvent deux sinistres éclatent simultanément. Jusqu’à présent, nos hommes sitôt prévenus sautaient sur leurs bicyclettes. Mais après avoir parcouru quatre ou cinq kilomètres et parfois plus, les dévoués sapeurs arrivaient harassés au moment où ils devaient faire appel à tous leurs efforts. C’est pour palier à cet inconvénient que j’ai demandé et obtenu l’achat de ce nouveau véhicule. »
Effectivement, commandé à la société GILLET, par délibération du conseil municipal de Nice du 26 juin 1926, le véhicule est en tout similaire au matériel parisien.
Il emporte dans son coffre quatre seaux de toile, deux hachettes et quelques grenades extinctrices de carbure.
Source : Bibliothèque Nationale de France
Le cahier des charges stipule : « motocyclette de 6 chevaux, 2 cylindres, 3 vitesses, type Armée française et pompiers de Paris. Et side-car châssis suspendu, type Armée et pompiers de Paris avec carrosserie spéciale pompiers de Paris, roue de secours, trompe à deux sons. »
L’argumentaire de Monsieur Auguste LAURENTI, adjoint au maire de Nice, délégué aux Sapeurs-pompiers et annexé à la délibération d’acquisition, précise : A l’heure actuelle, le service des feux de cheminées est assuré par des sapeurs-pompiers qui se transportent à bicyclette sur les lieux indiqués et qui, vu l’extension de la ville, arrivent très souvent fatigués à pied d’œuvre. A Paris, le service d’extinction des feux de cheminées est fait au moyen d’un side-car pouvant transporter les deux hommes nécessaires. Ce side-car dont est doté chaque compagnie du Régiment rend de grands services : 1) transport plus rapide, 2) les hommes arrivent reposés à pied d’œuvre. »
Source : Sapeurs-pompiers Nice
Le drame du 5 novembre 1929
Malheureusement, l’emploi du side-car au corps de Nice est endeuillé quelques trois années plus tard.
Ce 5 novembre 1929, les sapeurs BARESTE, BELCHIO et CHIOSSONNE rentrent d’une mission de subsistances réalisée au cours Saleya. Sur l’avenue des Phocéens, le pneu arrière du motocycle éclate.
Le véhicule déséquilibré fait une embardée et vient s’encastrer dans un camion.
Agé de 23 ans, le sapeur Mathieu BELCHIO, conducteur du side-car décède des suites d’une fracture du crâne.
Source : Journal « « le petit niçois » du 6 novembre 1929
Accompagné par l’ensemble de la compagnie de Sapeurs-pompiers, les autorités municipales et une foule nombreuse, Mathieu BELCHIO est inhumé le 7 novembre 1929 au cimetière niçois de Caucade.
Alain Bertolo
12 octobre 2026



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