Chronique d'Histoire : Il y a 70 ans à Nice : l’incendie du 12 mars 1955
Publié le 12 mars 2025

C’était, il y a 70 ans, jour pour jour… Nous partons au quartier de Nice - l’Ariane dans un temps où de nombreux espaces ruraux jouxtaient encore avec des bâtiments industriels et agricoles.
Notre histoire nous amène dans un ancien moulin transformé en locaux d’entreprises.
D’une surface au sol de 560 mètres carrés, la construction de 5 étages abrite dans ses deux premiers niveaux une fabrique de bonbons et, au deuxième ainsi qu’au troisième étages, un atelier mécanique de confection de chaussures. Le haut du l’immeuble est inoccupé.
Source : Geneanet-cartes postales
En ce samedi 12 mars 1955, seuls travaillent dans l’édifice les employés de l’usine de chaussures et en cette fin d’après-midi, le mécanicien de l’entreprise aperçoit depuis l’extérieur une épaisse fumée sortir de la toiture.
Alerté, le contremaitre tente de rejoindre les étages supérieurs puis, à 17 h.32, lorsqu’il appelle les sapeurs-pompiers, est très précis : Les combles sont déjà en flammes et les 18 ouvriers qui occupaient le bâtiment sont tous évacués.
Trois engins-pompe accompagnés du fourgon « électro-ventilateur » quittent la caserne Hancy et découvrent, à leur arrivée, que la quasi-totalité du bâtiment est en flammes.
Rapidement l’équipage du « premier secours » établit une lance qui déverse en façade « Est » ses 500 litres d’eau par minute.
Si ce premier engin peut utiliser un proche poteau d’incendie et que l’heureuse présence d’un puit permet d’installer la motopompe portative du « Fourgon d’incendie normalisé », le reste de l’alimentation en eau provient du fleuve Paillon où engins et motopompes sont mis en aspiration.
Source : revue protection civile-collection Patrice Havard
L’eau ne manquant pas, l’attaque du sinistre, dirigée par le commandant Marcel BRUNETON, est massive : 3 000 litres d’eau par minute se déversent sur le brasier.
Et je dois à mon ami le lieutenant Patrice HAVARD de la commission fédérale « histoire et musées », la transmission du superbe plan d’attaque où il est loisible de découvrir l’emplacement des 6 lances (G.L.) qui permettent d’éviter la propagation à la partie nord de l’édifice.
Source : revue protection civile-collection Patrice Havard
Maitrisé à 18 h.50, le feu est éteint à 19 h.26 et quelques petites lances continuent de noyer les décombres jusqu’à 1 h.30 sous les projecteurs mis en place par le « fourgon-électro-ventilateur ».
Commencent alors les longues opérations de déblai qui vont se poursuivre toute la journée du dimanche.
Cet incendie ne fit aucune victime, une partie du rez-de chaussée fut préservée et les dégâts estimés à 50 millions de francs.
Alors, si aujourd’hui, dans la soirée, vous empruntez « la pénétrante du Paillon » dans sa partie « Cantaron-Nice », permettez-vous d’imaginer :
vos pompiers luttant, là ! Contre les flammes…
… Pendant que flotte dans l’air une odeur de bombons mentholés.
Alain Bertolo - 12 mars 2025


